AGRICULTURE et NOURRITURE - Association Bretonne d'Aide Directe à l'Afrique Subsaharienne (A.B.A.D.A.S.)   Site Web : www.abadas.bzh

Le Partenaire Principal d'A.B.A.D.A.S. est l'Union Nationale des Mini Laiteries et Petits Producteurs du Lait Local du Burkina Faso (U.N.M.P.L.). Organisation Paysanne, elle regroupe actuellement 30 mini laiteries créées ou approvisionnées par des groupements de petits producteurs. En 2010 lors d'un déplacement de membres qualifiés de l'Abadas en Afrique, de nombreuses rencontres ont eu lieu  avec l'U.N.M.P.L. qui ont permis de faire le point sur les problèmes rencontrés, et d'envisager des réponses possibles pour améliorer la production de lait et l'organisation à partir des conditions et contraintes locales.
En effet, si une vache laitière en Bretagne produit environ 40 litres de lait par jour, la vache laitière du Burkina Faso en produit dix fois moins, et cette production est diminuée d'autant par la durée d'allaitement des veaux. Il ne reste que très peu de lait à commercialiser. Un expert de l'Abadas, docteur vétérinaire ayant une longue expérience dans les pays tropicaux a, entre autres, proposé une solution pratiquée au Brésil pour diminuer sensiblement la durée d'allaitement des veaux par leurs mères : un "lait de soja" réalisé à partir de graines de soja légèrement concassées et mélangées à de l'eau bouillante ; très rapidement, les veaux l'apprécient. Cette alimentation remplace rapidement et avantageusement la consommation du lait de leur mère et permet d'en réserver la production pour l'alimentation des enfants. De ce fait, des intérêts communs se créent entre les cultivateurs et les éleveurs. Les premiers vendent leur production de graines de soja et peuvent bénéficier des déjections animales pour amender leurs sols. Les seconds stabilisent les vaches allaitantes sélectionnées à proximité de leur habitat, et peuvent disposer d'une quantité de lait de ces vaches significativement plus importante pour la commercialisation.   
C'est ainsi qu'ont été répertoriés les fourrages, légumineuses et tourteaux divers disponibles sur place pour l'alimentation animale au Burkina Faso, et que s'est créé le projet : "Formations d'éleveurs pour une meilleure alimentation du bétail". Basé sur la volonté et l'implication des acteurs locaux (familiaux et artisanaux) regroupés dans leurs Organisations Paysannes et leurs Unions, le projet global a pour but de leur permettre de s'insérer dans une démarche économique durable tout en préservant et développant les revenus de milliers de familles qui n'auraient pas d'autres possibilités de subsistance sans ces activités. Les populations seront ainsi nourries de leur propre production sans dépendance des productions extérieures. Ce projet permet également de maintenir et de développer des activités rémunératrices et durables pour des cultivateurs proches des mini-laiteries qui ne seront plus obligés de quitter leurs terres et d'aller grossir les villes. 
Ainsi, grâce aux cultivateurs, les éleveurs peuvent disposer en saison sèche de fourrages et de sous-produits constituant autant de compléments alimentaires pour la nourriture de leurs vaches et de leurs veaux, et bénéficier par la même occasion de revenus réguliers par la commercialisation du lait disponible en toute saison, réduisant par ailleurs les transhumances épuisantes pour hommes et bêtes. Les cultivateurs, eux, disposent ainsi, également, de revenus réguliers par la commercialisation de leurs productions agricoles complémentaires, et ils améliorent la qualité de leur terre grâce aux fumures acquises auprès des éleveurs. Les intérêts sont devenus communs

Perspectives pour 2016 et les années à suivre

De nouvelles compétences, de nouveaux partenariats vont compléter les actions d'ABADAS.

D'une part grâce à de nouveaux membres qui nous rejoignent, et au bon espoir de se renforcer encore. Ce sont des forces nouvelles qui sont maintenant impliquées.

D'autre part, le Père Oudet, notre premier correspondant au Burkina Faso depuis 2007 nous a proposé de renforcer nos partenariats existants, d'en créer de nouveau en augmentant l'efficacité des associationset des acteurs engagés au Sud comme au Nord, pour un monde durable et une économie plus juste.

Projets d'ABADAS pour 2017 et les années à venir

1)Projet Eau et Assainissement : secteur 9, Koudougou - Burkina Faso

Ce projet se rattache à l'Objectif de Développement Durable (ODD) 6 : " Garantir l'accès de tous à l'eau et à l'assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau". Si des efforts pour donner accès à une eau potable à la majorité des populations ont toujours été dans les esprits, les problèmes de salubrité et de santé liés à l'absence d'assainissement ont fait l'objet d'une prise de conscience plus récente. L'absence de gestion des eaux pluviales avec une saison des pluies aux fortes précipitations complète les risques de pollution des eaux stagnantes de surface et des eaux souterraines accessibles par les puits traditionnels. Aussi des programmes de réalisation de latrines publiques ou familiales correctement exécutées ont été soutenus depuis plusieurs années dans différentes villes ou villages au Burkina Faso.

Il s'agit plus précisément maintenant de soutenir les populations défavorisées d'un quartier non loti, sans infrastructure ni transport, le secteur 9 de Réo, en périphérie de Koudougou, ville de 120000 habitants.

La proposition d'aide à la population est la suivante :

- achèvement d'un puits traditionnel ;

- Forage avec pompe électrique, panneaux solaires et château d'eau ;

- aide à la réalisation de latrines règlementaires en conditionnant la mise en place de bornes fontaines à cette réalisation ;

- réflexion sur l'organisation du développement du quartier pour éviter les démolitions des habitations lors de la régularisation du quartier.

Le projet a démarré en Avril 2017 par la recherche de la meilleure implantation pour réaliser un forage.

Budget : 100 000 Euros étalés sur 4 ans.

2) Projet d'école bilingue à Bittou

Ce projet se rattache à l'Objectif de Développement Durable 4 : "Assurer l'accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d'égalité et promouvoir les possibilités d'apprentissage tout au long de la vie".  ABADAS est en contact avec les éleveurs peuls de Bittou, (ville proche du Ghana) depuis plusieurs années par le biais de la mini-laiterie. Le peuplement de cette zone s'est fait par des migrations depuis le nord du Burkina Faso, amorcées il y a une vingtaine d'années. Aujourd'hui les familles peuvent être considérées comme sédentarisées. La pratique des transhumances périodiques est maintenue.

Les enfants en âge d'aller à l'école ne parlent que la langue des peuls. L'enseignement public classique ne propose qu'un enseignement en français, dispensé par des professeurs parlant la langue des Mossis.

Les éleveurs ont exprimé le souhait d'avoir une école dédiée à leurs enfants non scolarisés. C'est ainsi que le projet d'une école primaire bilingue est né. L'enseignement commencera dans la langue des peuls et se fera progressivement en français.

Projet de base : construction d'un bâtiment de trois classes avec réalisation d'un forage avec pompe manuelle.

Dans un délai de quatre ans : extension de l'école à 6 classes, et apport de l'électricité grâce à des panneaux photovoltaïques.

Budget : 120 000 Euros répartis sur 4 ans.

Si le projet reçoit le soutien espéré, un centre technique d'apprentissage pour l'élevage et les métiers du lait sera réalisé à la suite sur ce site. Il sera dédié en priorité aux populations peules qui ne reçoivent que très peu de soutien car le pastoralisme reste en marge de l'évolution de la société.